Revenir à Guillaume IX d’Aquitaine

Le Duc en Scène

 

L’Ensemble Tre Fontane

 présente

« Le Duc en scène« 

– cansons de Guilhem de Peitieus – Création 2013

Les jeux poétiques et amoureux de Guilhem, le prince troubadour

 

 Guillem, le prince troubadour

Fier, altier, puissant, décontracté, jovial, épicurien, voyageur, lettré, libre-penseur, curieux, galant, fougueux, Guillaume, IXe duc d’Aquitaine et VIIe comte de Poitiers, vécut à l’aube du XIIe siècle. Il est le grand-père de l’illustre Aliénor. Guillaume n’est pas seulement un des plus grands princes de son temps, il est aussi le premier troubadour connu. L’œuvre du Duc, aussi contrastée que sa personnalité, nous emmène au cœur du mystère des origines du trobar ; ce grand mouvement poétique qui consacra, en langue d’oc et en chanson, une nouvelle vision de la dame et de l’amour, la fin’amor. En effet, si dans les chansons du Duc nous trouvons en germe les grandes idées troubadouresques qui consacrèrent la dame aimée comme cette toute puissante suzeraine, maîtresse de son désir et de celui de son amant, il ne s’agit qu’une des nombreuses facettes de l’entreprise poétique du prince troubadour. Attaché à une certaine idée de sa liberté, amoureux du rire et de la farce, il est aussi ce prince paillard et guerrier, chantant auprès de ses compagnons d’armes ses aventures et mésaventures sexuelles, aimant se donner en spectacle. Il est encore ce prince jouant avec sa propre image, la construisant et la déconstruisant au gré de ses chansons, se montrant tour à tour, amoureux transis, jongleur intraitable, poète délicat, chanteur truculent, grand seigneur autoritaire et viril, étalon fourbu ou pèlerin défroqué. Ses chants oscillent entre une représentation affirmée de lui-même et un plaisir de la déconstruction de tout ce qu’il représente. Ainsi, le comte-duc effleure aussi les frontières de la poésie hermétique avec sa sublime chanson sur le néant dans laquelle il s’amuse à forger un contre portrait de lui-même en construisant son poème sur une série d’inconciliables contrastes. Enfin, l’insondable seigneur nous amènera aussi sur les chemins de la poésie intimiste en composant un sublime chant d’adieu, chant d’adieu qui fut longtemps le plus connu de Guillem car il représentait une image amendée de l’impossible aristocrate. Guillaume d’Aquitaine, c’est le tout et le néant, c’est l’envers et l’endroit, c’est le plaisir sans la fin’amor, c’est la fin’amor dans le plaisir, c’est le jeu et la perte, c’est le renoncement et la joie. Et c’est revêtu de toutes ses facettes que le Duc d’Aquitaine, grâce à l’Ensemble Tre Fontane, remonte sur scène.


L’Ensemble Tre Fontane

 

Depuis 1985, l’Ensemble Tre Fontane se consacre à l’interprétation et à la diffusion de l’art du trobar – art de trouver la poésie, la musique – et de l’art du joglar – art de jouer, art des musiciens, colporteurs de l’œuvre des troubadours et créateurs de musiques à écouter ou à danser… L’Ensemble a abordé l’œuvre des troubadours d’Aquitaine avec un regard particulier sur ceux du Périgord : Guiraut de Bornelh, Bertran de Born, Arnaut Daniel…

En 98, la rencontre internationale associant l’Ensemble espagnol d’Eduardo Paniagua, le chanteur marocain El Arabí Serghini, et l’Ensemble Tre Fontane donne naissance à un « orchestre » de huit artistes : chanteuse, chanteurs et instrumentistes. Ce concert Luz de la Mediterranía, tente de recréer aussi simplement que possible ce dont l’histoire témoigne : la rencontre des troubadours et des musiciens arabo-andalous à la cour d’Alphonse X le sage, roi de Castille, de Léon et d’Andalousie. Point de convergence de nombreux courants musicaux.

L’Ensemble Tre Fontane aborde également la musique sacrée : le codex las Huelgas en collaboration avec l’Ensemble vocal « Les Dames de Chœur », les Cantigas de Santa Maria et les chansons des pèlerins de St Jacques.

L’Ensemble complète son parcours en intégrant un autre aspect de la musique du Moyen Âge : la polyphonie et son évolution entre les XIe et XVe siècles en Europe. Ainsi, leur  répertoire s’ouvre notamment sur Guillaume de Machaut à qui l’on doit d’avoir développé et sublimé cet art polyphonique, découverte essentielle qui donne à l’Occident – dès le Moyen Âge – une réelle personnalité musicale.

L’Ensemble Tre Fontane poursuit aujourd’hui son chemin dans les pages des troubadours en remontant aux sources de l’art du trobar. Rencontrer Guillaume d’Aquitaine pousse au respect, à la curiosité et à l’humilité. Face à un personnage aussi contrasté, il fallait créer un spectacle hybride, entre musique, chant et récit. L’Ensemble Tre Fontane (Maurice Moncozet, Pascal Lefeuvre et Thomas Bienabe) ont ainsi invité Laurence Benne  à les rejoindre dans cette création afin de pouvoir, entre voix de femmes et voix d’hommes, chant et récit, langue française et langue occitane, donner corps aux multiples facettes du grand démiurge du trobar.

Les notes et les rythmes qui accompagnent les mots de Guillem d’Aquitaine, sont pour l’essentiel des mélodies de ses illustres successeurs : Jaufre Rudel, Marcabru, Bernard de Vendatour, Guiraud de Borneil… C’est un retour aux origines que l’Ensemble Tre Fontane et son invitée donnent à voir et à entendre à leur public.


Programme

1- Ben vueill que sapchon li pluzor  / Je veux que tout le monde sache

Musique : Rassa, tan creis… (Bertran  de Born)

2- Farai un vers de dreit nien / Je ferai un chant de pur néant

Musique : Lo vers commenç… (Marcabru)

3- Pos vezem de novel florir / Puisque nous voyons de nouveau refleurir

Musique : Ara non vei… (B. de Ventadorn)

4- Ab la dolchor del temps novel/Avec la douceur du chant nouveau

Musique : Non puesc sofrir… (G. de Borneil)

5- Molt jauzens, mi prenc en amar / Très joyeux, je me prends à aimer

Musique : Non sap chantar … (J. Rudel)

6- Instrumental : « De monte lapis » (St Martial de Limoges)

7- Compaigno, non puosc mudar/Compagnons, je ne peux m’empêcher  & Companho, tant ai agutz d’avols conres / Compagnons, j’ai eu de si mauvais traitements

8- Farai un vèrs, pòs mi sonelh…/Je ferai un chant puisque je sommeille

9- Companho, farai un vers [qu’er] convinen/ Compagnons, je ferai un chant convenable

10- Pos de chantar m’es pres talenz / Puisque j’ai le désir de chanter

11- Vida

L’Equipe

Maurice Moncozet : chant, rebec, flûtes

Pascal Lefeuvre : vielle à roue

Thomas Bienabe : oud

Laurence Benne : récit (français – occitan)

Arrangements musicaux : Ensemble Tre Fontane

Conception : Maurice Moncozet, Pascal Lefeuvre, Thomas Bienabe, Laurence Benne, Katy Bernard

 

Contact : Carma Production

Laurence Benne – 24 bis rue Yquem

33490 Saint Macaire – laurence.benne@orange.fr – 05 56 62 77 04 – 06 08 48 10 60

http://albacarma.com

http://www.myspace.com/ensembletrefontane

https://www.facebook.com/ensembletrefontane

NB : Les illustrations de ce dossier sont extraites des chansonniers provençaux conservés à la Bibliothèque Nationale de France, les références précises des enluminures sont par ordre d’apparition : Paris, BNF, fr. 854, fol. 142va (Chans. I) ; Paris, BNF, fr. 12473, fol. 128 (Chans. K) ; Paris, BNF, fr. 22543, fol. 8 (Chans. R).

 

http://youtu.be/KYFl-a2cSRU